Entretien avec Christophe, pervers narcissique

5 03 2010

Toute victime de pervers narcissique a au moins une fois rêvé de pouvoir parler “réellement” avec son bourreau, de manière franche et apaisée, en se disant la vérité et rien que la vérité. Comprendre pourquoi l’autre est pervers narcissique, pourquoi il agit ainsi, pourquoi il a besoin de détruire psychologiquement ses victimes. Comprendre ce qu’il pense, ce qu’il ressent et ce qu’il fait. Mieux cerner son bourreau pour mieux s’en détacher ensuite.

Ce rêve est, pour les victimes, inaccessible. Un pervers narcissique est réputé être incapable de se voir ainsi, et encore plus incapable d’en parler avec sa victime.

Pourtant, la suite de cet article laisse penser que c’est possible. Cet article a écrit conjointement avec Christophe, qui se sait pervers narcissique.

Le témoignage de Christophe est d’après moi exceptionnel. Parler en toute sérénité de ce mal qu’est la perversion avec quelqu’un qui se sait atteint de ce trouble, c’est comme parler avec un mort revenant de l’au-delà.  Cela n’aurait jamais été possible si Christophe n’était pas allé visiter ce blog. Surtout, cela n’aurait pas pu se faire sans sa participation active à la rédaction de cet article. C’est pourquoi je le remercie beaucoup, même s’il n’attend aucune compassion de moi.

Merci et bonne lecture,

Hervé

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Bonjour Christophe.

Bonjour Hervé.

Vous avez accepté de vous prêter à cette discussion avec moi. Je vous en remercie.

Soyez tout simplement assuré que je tacherai de faire au mieux !

Cette discussion risque d’être parfois éprouvante pour vous. Si tel était le cas, n’hésitez pas à me le dire. Nous avons tous des choses à apprendre de l’autre. Cela ne peut se faire que dans le respect de l’un et de l’autre, tant de nos vérités que de nos silences …

C’est éprouvant par moment aussi bien à travers ce questionnaire que parfois dans mon quotidien.

Vous dites être pervers narcissique. Pouvez-vous me dire pourquoi vous avez accepté cette discussion avec moi ?

J’ai accepté pour au moins m’accrocher à quelque chose qui me semble louable …

Je ne me situe pas dans l’opposition à travers cet entretien mais comme un être indépendant qui, de toute manière, vit inconfortablement certaines situations génératrice d’angoisses, de peurs voire de haine. Il y a chez moi une certaine défiance à me faire connaître, peut être même encore une forme de perversité à avouer mes mécanismes mais aussi une recherche de reconnaissance. Aussi, est t-il possible que je sois par moment dans la provocation, pour tester votre capacité à être plus positionné face à un PN. Ma mère m’ayant utilisé, je peux aussi avoir l’esprit de sacrifice et vous fournir des solutions face un éventuel bourreau.

Moi aussi, je serai sans doute par moment dans la provocation, pour vous pousser et voir comment vous réagirez (sourire !). J’ai déjà commencé en affirmant que « tout devrait nous opposer ». En fait, loin de vouloir s’opposer à vous, je souhaite juste essayer de mieux vous comprendre.

Vous affirmez être « pervers narcissique ». Cette affirmation de votre part est étonnante. Tous ceux qui connaissent ce trouble psychologique s’accordent à penser qu’il est impossible pour un pervers narcissique de s’accepter en tant que tel. Pouvez-vous me dire pourquoi vous pensez l’être ?

Il est bien possible que cela soit le cas, car je m’aperçois tout l’art que je mets parfois dans ma vie pour éviter de voir mes mécanismes.

Je confirme le fait que je refuse quand même d’être mis dans une seule case. Cela ouvre encore quelques blessures. Oui, j’ai du mal à l’accepter. Je me débats avec mes pulsions, alors disons que je me vois comme un repenti.

Je vous comprends … D’après moi, avant de devenir bourreau un pervers narcissique est d’abord victime de son passé, de son enfance, de ses parents. Il me semble en effet que l’on devient généralement pervers narcissique parce que l’on a été élevé, dans son enfance, par un(e) pervers(e) narcissique. Pouvez-vous me dire si c’est vrai pour vous ? Parlez-moi de votre enfance …

J’essaierai de faire de mon mieux plus tard pour l’histoire plus précise de mon enfance.

Mon travail personnel m’a permis de comprendre que j’ai été victime, mais forcément co-responsable, de ma relation particulière avec ma mère, Je vous invite à vous documenter sur le Vampirisme et le mythe de Golem, là vous aurez de quoi vous faire peur. Au prix de nourrir le déficit narcissique de ma mère, le mien s’est vidé. Donc, ma mère est une PN. Aujourd’hui, j’arrive à être positionné et à ne plus avoir peur d’elle. Mais j’ai appris à fonctionner en trichant pour survivre. Pour me protéger d’elle, j’ai appris à utiliser les mêmes techniques qu’elle …

Tous les spécialistes de la question s’accordent à dire qu’il est quasiment impossible pour un pervers narcissique de comprendre qu’il est lui-même atteint de ce trouble. Les spécialistes affirment également qu’il est encore plus difficile, voire impossible, de se soigner. Vous semblez être la preuve que c’est possible. Qu’en pensez-vous ?

Soigner un pervers narcissique, oui, c’est possible, la condition sine qua none c’est que celui-ci puisse le reconnaître. Mais comment ? Seul un évènement amenant à la dépression peut conduire un PN vers des soins. Cependant, quelle motivation a-t-il à ce moment là ? Si c’est pour « gonfler » son déficit narcissique, ce n’est pas gagné. J’ai abordé la thérapie ainsi, ce n’est que le temps qui m’a permis de m’apercevoir ma motivation. Bien sûr, mes moments de dépression ont mis en échec cette motivation.

Mon histoire m’a amené à suivre une thérapie et à enfin m’apercevoir que je souffrais de narcissisme pathologique et qu’en effet, je possédais des mécanismes de cette maladie. Tant que la perception du monde intérieur du pervers narcissique n’est pas mise en danger, troublée ou déréglée, celui-ci réussit et continue à gonfler son narcissisme pathologique et à se détourner de ses profondes blessures, qui d’ailleurs sont anéanties par un système, que j’aurais eu du mal à comprendre, d’extraction vers l’Autre (les professionnels me comprendront). Je me suis rapproché du mythe de Narcisse pour y voir plus clair. C’est une véritable galère pour moi d’être arrivé déjà à le mettre en mot, cela fait 6 ans que je continue lentement ce travail, il m’arrive d’être encore envahi de cette impression de toute puissance, mais à partir du moment où j’ai pu enrayer ce mécanisme, j’arrive à produire l’effort nécessaire pour ne pas partir dans cet autre monde irréel. Maintenant, comment ai-je pu enrayer cela, à vrai dire sans le vouloir vraiment, mon histoire m’a amené à tomber dans des moments de dépression profonde, ce qui m’a conduit aux soins, et là tout mon monde narcissique s’est effondré. La kinésiologie m’a permis vraiment de travailler sur mes maux du corps mais cette approche a déréglé toute ma perception du monde.

Je reste tout de même en retrait sur cette notion de guérison. Le terme ne me paraît pas approprié pour ma part, mes nombreuses lectures associées à ce que je vis me persuadent que je resterais tout de même amputé de certaines choses. J’invite chacun à rester vigilant avec un PN. J’ai vraiment l’impression par moment de vivre avec un « esprit malin » si ce n’est maléfique. Aujourd’hui, j’aurais pu jeter ma fille ou mon amie, simplement parce que je me sentais contredit. Une pulsion destructrice m’envahi dans ces instants. Si ces pulsions ont pu être de moins en moins puissantes, elles sont énergétivores. Par moment, je me demande si ce que je dis appartient à cet « esprit malin » ou à l’Etre réel. Je dois modeler constamment mon entourage pour éviter d’être mis à nu, car je suis parfois très dérangé et mal à l’aise. J’évite d’avoir une trop grande promiscuité avec les gens pour être sûr que je ne tricherais pas. J’ai trouvé ces combines pour au moins essayer d’être honnête. Enfin de compte, c’est un sacré bordel (là j’ai un petit sourire).

Concrètement, qu’est ce qui vous a amené à prendre conscience que vous aviez un problème ?

J’ai quitté mon domicile conjugal et j’ai demandé le divorce en 2003. Là je suis tombé peu à peu dans la dépression, j’ai commencé seulement une thérapie un an plus tard, au retour de vacances de chez mes parents suite à une altercation avec ma mère. Et là, déprime totale et plus envie de vivre.

Pour moi c’est bien la dépression qui m’a conduit chez un psy, car il m’a été longtemps impossible de percevoir un soupçon de dysfonctionnement.

Pouvez-vous nous dire si un PN a conscience du mal qu’il inflige à l’autre ? Beaucoup de victimes de pervers narcissiques se posent cette question …

J’ai ressenti parfois une jouissance intérieure lorsque quelqu’un souffrait, sans avoir empathie. Par contre, je n’ai jamais été habité par l’envie de torturer physiquement, tout du moins, une personne. La perversion protège de la dépression. A partir du moment où je suis parfois déprimé, c’est à ce moment là que je me dis que je suis sans doute en route pour la rédemption, même si mon monde parait s’effondrer. Je ne cherche pas vraiment à guérir mais à tenter de mieux vivre. Ce site est un support pour moi, il nourrit mes manques que je ne peux pas encore combler moi même.

Vous confirmez donc une croyance personnelle : celle que le PN a conscience qu’il essaye de rabaisser de l’autre, de l’amoindrir quand il « attaque » ?

Il ne peut pas être conscient tant qu’il est dans l’illusion de toute puissance sur le monde. Sa pauvreté intérieure le guide vers un unique but : détruire tout ce qui représente la vie.

Autre question … Lauraneb, une fidèle lectrice de mon blog a dans son environnement une personne qui compte pour elle. Malheureusement cette personne est PN. Lauraneb est persuadée que cette personne est encore en souffrance quand elle « attaque » ce qui la pousse à penser qu’elle peut enrayer sa problématique. Cette personne se définit comme cachant un monstre à l’intérieur d’elle-même …Qu’en pensez-vous ?

Oui, je nomme ce « monstre » « l’esprit malin », comme un corps étranger envahissant la partie saine de l’individu … Cela engendre des troubles de la personnalité et un beau pactage de symptômes. Par contre, il est tout à fait possible d’avoir des moments d’échanges et de partage selon les périodes de troubles, voire un semblant d’adaptation parfaite à la société, mais « l’esprit malin » se réveille par moment et là restez compréhensif mais ferme et solide.

Dites-moi, si vous êtes aujourd’hui capable de dire tout cela, c’est certainement car vous avez suivi ou car vous suivez encore une thérapie. Pouvez-vous me dire en quoi consiste cette thérapie ?

Pour l’instant et depuis maintenant 5 ans, je me suis dirigé vers la kinésiologie qui agit directement sur les maux du corps. Cela a provoqué de vives tensions chez moi, et là il est préférable d’être suivi par un psy. Ma défiance envers la réalité m’a même servi d’une certaine manière. Actuellement, et depuis bientôt un an, j’effectue des séances d’acupuncture pour apaiser mon quotidien. J’évite la psychothérapie, de peur d’en devenir dépendant et de trainer.

Vous semblez avoir fait un énorme chemin vers la reconstruction … mais ce chemin parait difficile et long … Ce long chemin que vous avez parcouru, que vous a-t-il apporté ?

Désillusions, angoisses, haines, tristesse, peurs morbides, méfiance, jalousie, frustrations, jubilation, paranoïa …… Acceptation que je ne suis pas tout puissant.

Cette réponse est dure à entendre … Elle révèle une facette finalement très humaine, très touchante, qui nous aide à entrevoir une toute petite partie du calvaire que vous semblez vivre. Mais dites-moi … Cette thérapie a bien dû vous apporter des choses positives, sans quoi vous l’auriez sans doute arrêtée ?

Elle est positive car j’ai touché du doigt mes véritables symptômes bien cachés. Le mot calvaire est un peu trop fort. Ma vie est plus calme tout de même. Je l’aménage, je m’accorde bien des choses à présent.

Pouvez-vous me décrire votre vie aujourd’hui ?

Divorcé depuis 2005, j’ai une amie depuis 3 ans avec laquelle je n’ai pas cherché à me cacher. C’est une femme solide psychologiquement qui apprend à m’apprivoiser et qui sait se positionner. C’est une femme douce et remplie de tendresse mais cela m’effraie encore et peut même provoquer une réaction de peur chez moi, je dirais que je peux vivre cette tendresse comme violence. Si cela m’a permis de comprendre quel était la véritable relation que j’ai eue avec ma mère, c’est si douloureux que je fuis encore la réalité. Si j’ai stoppé mes attitudes de rabaissement auprès de certaines femmes, il m’arrive encore d’avoir le réflexe prêt à « dégainer ». Pour être plus précis, lorsque une femme présente un profil idéalisé (selon des critères définis par le narcissique : perfection, intelligence, beauté et j’en passe ….) ces attitudes sont inexistantes chez moi, par contre, une femme « faible » et contraire à la définition précédente, j’ai eu plaisir à avoir une approche hautaine et dédaigneuse. Par contre, je n’ai jamais eu envie d’être violent physiquement. Ma mère s’étant toujours positionnée dans la victimisation, j’ai aussi appris à me comporter comme le Sauveur au prix de n’a pas avoir su me nourrir seul. Pris au piège par cette relation, j’ai longtemps été envahi par cette peur d’être intrusé par les femmes. C’est une vraie galère pour moi d’accéder à une véritable intimité avec mon amie. Il n’y a qu’une seule personne qui a pu et qui puisse s’approcher au plus près, c’est ma fille, car je sais que je ne risque rien (mais çà, c’est dans ma tête). Sans doute, que son inexistence m’apprend qu’il est possible de faire confiance aux femmes. Souvent, au début de ma relation avec mon amie, j’avais toujours des temps d’arrêt lorsqu’elle me parlait pour essayer de déceler le piège éventuel. Mes troubles de la perception me demandent des temps de pause réguliers pour appréhender au plus juste la réalité. Je dois souvent me repasser les évènements marquants de ma journée pour mieux comprendre ce qui s’était réellement passé.

J’ai encore une autre question en tête … Le terme de « pervers narcissique » est généralement considéré comme une insulte, une diffamation. J’ai moi-même été attaqué en diffamation. Pourtant, je pense que la perversion narcissique, loin d’être une insulte, devrait tout simplement être considérée comme une réelle maladie psychologique au même titre que la schizophrénie, le trouble bipolaire ou la paranoïa. Qu’en pensez-vous ?

C’est une maladie, sans aucun doute. Mais je reconnais que cela peut être affreux pour un PN d’entendre ce terme.

Vous venez de me faire comprendre quelque chose d’important. Il doit déjà être très difficile à un être « normal » de s’entendre dire qu’il est PN . Or un PN ne supporte pas que l’image qu’il renvoie de lui, y compris à lui-même, soit abimée. Je comprends mieux pourquoi un pervers narcissique devient totalement hystérique lorsqu’on lui dit qu’il est pervers narcissique, même si cela est vrai …

Je confirme.

Myosotis, autre fidèle lectrice de ce blog, souhaite vous poser deux autres questions. Tout d’abord, comment définiriez-vous « la femme que vous recherchez » et surtout pour quel type de relation ? Et finalement, avez-vous le sentiment de vous priver de la femme idéale, parce que vous n’avez aucune relation possible avec elle ?

Je ne suis pas en recherche car j’ai une amie. Cette relation m’a poussé dans mes retranchements au prix de crispation, d’angoisses et de peurs. Il m’est tout simplement difficile d’installer une intimité avec elle. C’est une expérience de tous les jours. J’ai besoin de temps de pause. J’ai accepté le fait que la femme idéale que je recherchais n’est que le pur produit de mon imagination narcissique et d’ailleurs j’en suis enfin soulagé.

Vous faites allusion à la relation avec votre mère. Myosotis et moi avons cru comprendre qu’elle perturbait votre relation avec les femmes … ?

Ayant compris que je n’avais que servi, il m’a fallu m’éloigner de ma mère pour ne pas déverser sur elle toute ma haine. Ma mère, que j’ai adulée d’abord, est devenue à partir de 13 ans environ le diable à mes yeux. Ma mère, je l’ai insultée.

Pour conclure cette discussion, auriez-vous un dernier conseil à donner aux victimes de PN qui liront cet article ?

Je ne crois pas à de solutions toutes faites, mais je me propose tout simplement de vous faire part de situations de mon quotidien, pour le reste, il appartient aussi aux victimes d’aller chercher chez elles ce qui a pu faire qu’elles se sont rapprochées d’un PN. Il n’existe pas de PN sans victime. Une chose est sûre, si je suis confronté à une personne bien positionnée, j’arrive à observer chez moi une attitude de retrait.

Avec le temps, j’ai appris à me protéger de ma sensibilité. Pourtant, lorsque je repense à tout ce que vous venez de me dire, à votre sincérité et au cauchemar que vous vivez vous aussi, j’ai les larmes aux yeux …

Pour ce qui est de la compassion que vous pourriez montrer envers moi, j’ai bien peur de ne pas pouvoir encore être touché. Je constate que je ne cherche pas la compassion mais je me situe parfois comme un sacrifié qui se doit de laisser des réponses à ceux qui restent. Le mot cauchemar n’est plus approprié aujourd’hui. Je n’aspire qu’à la rédemption.

Je comprends ce que vous dites. Je tiens tout de même à vous remercier très chaleureusement pour le temps que vous avez accepté de partager avec moi. Je me permets de vous remercier au nom de tous ceux qui luttent contre la perversion narcissique et ses conséquences extrêmement graves.


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53 réponses

5 03 2010
Myosotis

@ Christophe et Hervé
Merci pour cet échange émouvant animé par le même sens du devoir et par la même cause : SAUVER NOS ENFANTS de ce que Christophe a vécu.
Bravo !!

6 03 2010
xavier

Merci pour cet échange et les conclusions qu’on peut en tirer….
Peu de PN ont l’intelligence ,” la sensibilité ” ( oui , j’ose employer ce terme , bien que je pense que les PN en soient totalement dépourvus) de Christophe.
C’est sans doute la raison pour laquelle il a pu se remettre en question et suivre une thérapie . C’est cette toute puissance du PN qu’ il faudrait pouvoir ” écorcher” . Mais comment , quand tout le système la favorise et même ” donne de l’eau à son moulin ” ?

6 03 2010
Hervé

Xavier, je pense pour ma part que c’est parce que que Christophe a réussi à faire ce travail qu’il arrive maintenant à exprimer cette sensibilité auparavant refoulée.
Mais c’est Christophe qui détient la réponse !

6 03 2010
Bax

Je vois surtout Christophe comme victime de pervers narcissique lui même lorsqu’il était enfant. Un enfant qui a acquis le système de sa mère pour survivre. Je pense à l’un de mes deux fils, je pense aussi à un cousin éloigné (je suis breton ;-) ) lui même victime de sa mère pervers narcissique qui à l’instar de son frère et de sa soeur, a rejeté sa mère à l’age de sept ans parce qu’il a compris qu’elle lui faisait du mal.
C’est d’ailleurs l’une des rares personnes, avec le recul, qui avait compris dès le début qui était mon ex.
J’ai du mal à voir en Christophe un authentique pervers narcissique, même s’il a certainement certaines caractéristiques “acquises” (techniques de manipulation, dissimulation, dépression compensée par une jouissance perverse). Je pense plutôt a une transmission trans-générationnelle. Il ne faut pas oublier que l’une des constantes dans la “naissance” de la perversion narcissique est bien la compétition dans la fratrie sous le regard d’un parent exigeant mais souvent peu impliqué affectivement, ou alors de manière pathologique. Est-ce le cas de Christophe ?
Bien entendu, ce n’est qu’un avis naïf et qui n’engage que moi.

6 03 2010
xavier

Bax , tu as entièrement raison ; mon ex est également victime de sa mère , MPN.
Tes constatations sont celles que j’ai pu faire , concernant mon ex-compagne , sous l’emprise totale de sa mère qui contrôle tous les autres membres de la famille . C’est elle qui ” mène la danse” et tous sont en admiration car elle a l’art de manipuler , de se sortir de toutes les embrouilles , de GAGNER sur tous les plans, avec un acharnement et une persévérance qui forcent l’admiration . D’ailleurs , elle est présentée par la famille comme ” juriste ” , et n’a pas le certificat d’études … ça impressione…. MON FILS est déjà pris en mains par cette femme …. Vous pouvez donc comprendre mes craintes et mon angoisse ….
Comme Bax , j’ai du mal à voir en Christophe un réel Pervers Narcissique….

6 03 2010
catherine

C’est effectivement troublant…. si l’on prend les définitions et les études sur les pervers, tout pousse à croire que Christophe n’est pas un PN mais bien une victime de PN…

6 03 2010
Hervé

N’oubliez pas qu’un PN est d’abord la victime d’un autre PN, qui l’a élevé et qui l’a “aidé” à se construire …
Concernant Christophe, s’il pense, avec tout ce recul, être pervers narcissique, c’est sans doute qu’il l’est … d’autant plus que tout ce qu’il décrit correspond à ce que nous comprenons d’un PN …

6 03 2010
Myosotis

@ tous
Il fallait que cela tombe, à un moment ou un autre !, la question de « la véracité du diagnostic de Christophe », et je comprends parfaitement vos doutes.
Nous n’avons qu’à demander à Christophe quels sont les critères qui lui ont étés avancés lorsqu’il a appris qu’il était PN (cette mauvaise nouvelle).
Moi j’ai envie de le croire, il y a de la crédibilité dans ses propos et je ne vois par l’intérêt de simuler pour quelqu’un qui ne le serait pas.
Je reste aussi de nature confiante … malgré mes déboires.
Par contre, j’ai envie de mieux le comprendre.
Il parait qu’il existerait effectivement quelques rarissimes repentis, sans doute moins meurtris au départ.
Myosotis

6 03 2010
Hervé

J’avoue être très étonné par vos réactions … Plutôt que de vous demander si ce que Christophe dit est vrai, ne vaut-il pas mieux réfléchir au sens de ce qu’il dit et semble vivre ? Ne vaut-il pas mieux essayer de comprendre son cheminement, ses souffrances, son mode de raisonnement, ses pulsions ? Ne vaut-il pas mieux engager un dialogue constructif avec lui, plutôt que de lui demander de se justifier ?
Et d’ailleurs, pourquoi ne pas le croire ? Christophe nous explique avoir fait un long chemin avant de réussir à entrevoir son vrai visage. Cela ne suffit-il pas ? Pourquoi devrait-il se justifier encore ?
Nous devons juste l’écouter et essayer de comprendre. Pour ma part, vu ce qu’il nous raconte, je suis certain qu’il dit est vrai. Je retrouve beaucoup de choses que le pédopsy m’avait déjà dit, notamment sur les conditions qui font qu’un PN peut exceptionnellement comprendre qu’il souffre de perversion narcissique. Cela me suffit. C’est pourquoi je remercie Christophe d’avoir fait cette démarche courageuse.
Désolé d’être aussi franc … mais vous comprendrez sans doute que je suis déçu de lire ces réactions alors que Christophe a fait cet effort important de venir de lui-même engager le dialogue avec nous.

8 03 2010
Bax

Désolé Hervé pour cette mise en doute … c’est un peu une seconde nature chez moi, mettre en doute pour aller plus loin. Je trouve très inhabituel pour un PN de se définir comme PN. Ce ne peut être qu’une vue de l’esprit pour lui, un constat intellectuel, plutôt qu’un ressenti. Il le dit lui même : il aspire d’avantage à la rédemption (le rachat de son âme, où, pour rester prosaïque, le retour à une certaine pureté d’esprit) qu’à la compassion, puisqu’il est conscient d’être privé d’empathie (amputé est le mot qu’il a utilisé).
Il se peut que Christophe soit un PN, et dans ce cas, j’aimerai comprendre mieux où se situe son intérêt dans la lecture des témoignages de victimes.
J’aimerai aussi savoir en quoi résister et démonter les mécanismes pervers conduit le PN à la dépression.
Je suis un peu crispé en lisant qu’”il n’existe pas de PN sans victime”. Il ne faut pas comprendre ici que la victime est le revers de la médaille de la perversion narcissique, la proie naturelle de ce prédateur, mais bien une personne confiante, qui n’a pas pu voir la face cachée de l’individu qui a su la séduire. Je ne suis pas certain qu’il existe une réponse à la question de savoir ce qui a poussé la victime à rencontrer son bourreau … mon psychanalyste m’a demandé de me la poser il y a plusieurs mois et encore aujourd’hui, je me souviens pas, alors, d’avoir été en présence d’une personnalité perverse, mais plutôt d’une personne fragile, en manque affectif, que j’ai cru pouvoir aider mais qui s’est retournée progressivement contre moi en rabaissant systématiquement mes efforts de plus en plus couteux (sur tous les plans).
J’ai aussi des doutes sur la capacité de quiconque, même solide psychologiquement, à résister indéfiniment à son partenaire pervers narcissique.
Je salue bien évidement la prise de conscience courageuse et très certainement pénible de Christophe et lui souhaite très sincèrement d’accéder à sa “rédemption”.

8 03 2010
Emma

Bonjour à tous,

Je suis avec beaucoup d’intérêt tout ce qui se dit ici.
Difficile de comprendre les réactions réticentes de chacun ? Ca ne devrait pas.
Ce sujet est bien trop grave et sérieux pour que justement, chacun puisse se contenter de prendre pour vrai ce qui est écrit.

Ne vous excusez pas Bax, vos doutes sont légitimes. Lorsqu’on a été victime d’un pervers narcissique, méfiance et vigilance doivent être présentes et les antennes sont aux aguets.

Une phrase peut faire basculer un avis ?
Souvenez vous, ce sont les faits qui comptaient. Les mots, les PN savent les utiliser à merveille.

Je ne dis pas que Christophe ment, il serait très présomptueux de ma part de le faire.
Je pense que si le diagnostic a été posé par un thérapeute en kinésiologie, il se peut qu’il ne soit pas juste. Une profonde blessure narcissique n’est pas systématiquement de la perversion narcissique.

Ceci dit, Christophe a vécu sans aucun doute un vrai drame et il est très méritant de s’en sortir ainsi.
Ce serait magnifique de pouvoir penser que tous les PN peuvent donc “guérir”. Mais puisque je n’ai pas eu de réponse à ma question précédemment posée, je vous rappelle quand même qu’un PN n’est jamais mis en échec. Il n’a ni Dieu ni Maître et personne ne peut le déstabiliser puisqu’il a toujours raison.
C’est sa construction même qui produit cet effet.

Bon courage à vous tous.

8 03 2010
Hervé

Bien sûr que les réactions de chacun se comprennent … mais au-delà de nos réactions, ne doit-on pas accepter de remettre en question nos certitudes ? Prenez le temps de lire ce qui suit. Peut-être que la première de vos certitudes, à savoir le fait qu’un PN ne peut comprendre qu’il souffre de perversion narcissique, est sans doute erronée …

Tout être humain peut tomber en dépression. C’est sans doute plus rare d’un PN car il excelle dans l’art de puiser l’énergie positive des autres. Mais, d’après vous, qu’arriverait-il à un PN qui vivrait totalement seul, isolé de tout, sans autre personne pour lui renvoyer cette image positive ? Les gens qui se sont penchés sur cette question s’accordent à dire qu’au mieux il tomberait en dépression, et probablement deviendrait-il ensuite fou, tout PN qu’il soit. Voilà donc pourquoi un PN peut aussi tomber en dépression.

Lorsqu’une personne est au fin fond de sa dépression, elle ressent en général le nécessaire besoin de sortir de ce trou. C’est tout simplement son instinct de survie qui la pousse à çà. Là encore, ce n’est qu’un reflex d’être humain, rien de plus. Beaucoup d’entre vous, victimes de PN, ont du connaître cela. Lorsque cette personne ne parvient pas à se sortir seule de cet enfer, elle se fait aider, consciemment ou pas. Voilà pourquoi même un PN peut se retrouver entre les mains d’un spécialiste en psychologie.

Lorsqu’un être humain se retrouve face à un psy, il peut être amené à l’écouter tant que ce psy ne lui donne pas l’impression de l’attaquer. Un bon psy ne fait que poser des questions. Je suis certain qu’un très bon psy, s’il comprend qu’il a en face de lui un PN, est capable de le garder longtemps, très longtemps, pour lui faire prendre conscience de son vrai visage progressivement, tout doucement, certainement beaucoup plus doucement que d’autres personnes.

Enfin, je ne doute pas qu’un tel psy soit capable, en très peu de rendez-vous, d’identifier avec certitude et sans erreur possible un client pervers narcissique. Nous autres victimes de pervers narcissiques savons si bien le faire, même à distance, tellement le comportement d’un PN est caricatural et “anormal” sur certains points …

Voilà pourquoi je conçois que Christophe puisse être PN, se savoir PN, l’accepter et vouloir contrôler ce trouble qui le handicape dans son quotidien.

Hervé

8 03 2010
miou

Hervé,

j’approuve (presque) tout ce que vous dites, j’ai énormément de respect pour votre démarche, votre recherche, l’aide que vous permettez, facilitez à tous et toutes qui fréquentent ce blog, simplement je n’arrive pas à accepter cet intitulé “Christophe, entretien avec un pervers narcissique”. Même si la réalité est là, contenir en 3 mots une personne me paraît réducteur; un peu comme si on disait “X, autiste” ? Il est certain que tout a trait avec cette pathologie ici, que le pervers est pervers dans toutes ses relations, dans sa globalité, mais je ne peux m’empêcher de visionner un phénomène de foire, avec toute la curiosité que cela suscite…

Mais j’exagère sans doute….dites-moi ce que vous en pensez,
miou

8 03 2010
Hervé

@ Miou :

Je suis d’accord avec vous. Ce terme est forcément réducteur. Il a néanmoins le mérite de pouvoir mettre un nom simple (simpliste …) sur un trouble complexe.
Ce titre peut paraitre racoleur … mais s’il peut ainsi attirer des lecteurs, les faire réfléchir, les pousser à débattre, à essayer de comprendre Christophe, je serai content des conséquences de ce “racolage”.
Enfin, concernant Christophe, il souffre bien du trouble de perversion narcissique. Néanmoins, il n’est d’après moi plus “pervers narcissique” selon notre définition à tous, car lui est capable de se voir et de se maîtriser, contrairement à un PN “normal”. Vous avez donc raison. Ce terme réducteur le met dans une case qui n’est plus exactement la sienne. C’est d’ailleurs ce qu’il exprime à un moment dans cet entretien. Mais bon, Christophe s’est lui-même donné ce titre par souci de simplification en commentant pour la première fois un autre article de ce blog. Je me suis donc permis de le reprendre en titre de cet article, également pour simplifier le discours.
D’après moi, ce qui importe est de comprendre que Christophe peut nous donner beaucoup de réponses sur le mode de fonctionnement d’un PN car lui-même souffre des mêmes troubles qu’un PN.

Bonne soirée,

Hervé

8 03 2010
Miou

merci Hervé,

c’est exactement ça : un peu racoleur , vous êtes comme toujours dans le juste, c’est ce terme qui me dérangeait !! un peu “venez voir mesdames et messieurs…..!!!!”
et bravo à Christophe pour sa démarche qui devrait aussi nous faire réfléchir, en dehors de la perversion narcissique, sur nos incapacités parfois à nous remettre en question, à changer, à analyser nos comportements, nos erreurs, même si nous ne jetons pas le malheur autour de nous systématiquement comme une personne “perverse”, nous faisons du mal aussi souvent par des mots ou des actes; ne l’oublions pas, soyons dans la bienveillance, envers nous et ceux qui nous entourent, cela fait du bien,
bien à vous,

miou

8 03 2010
Myosotis

Ce blog d’Hervé et son très bon état d’espritLe bon état d’esprit nous permet d’entrevoir autre chose qu’une chasse aux sorcières; nous sommes en 2010 !
Au delà de nos souffrances personnelles, et après avoir pris un peu de recul, il est tout à fait HUMAIN de se préoccuper de la souffrance qui à motivé notre PN à faire, malgré lui, tout le mal qu’il a fait.
Mieux comprendre, ce qui a pu se passer dans sa tête devrait nous aider à sortir indemnes de nos histoires en fermant VRAIMENT la boucle (et pas en se contentant de tourner la page).

9 03 2010
Hervé

Fermer VRAIMENT la boucle et non se contenter de tourner la page … Myosotis, tu as trouvé les termes justes !

9 03 2010
Eriane

Bonjour, je n’ai jamais commenté sur ce blog même si je le suis depuis quelques temps. Je suis moi même fille et victime de PN et ayant fait un très long travail psychanalytique.
Aujourd’hui je sors de l’ombre pour vous dire simplement “ATTENTION”!!!
Vous êtes tous sous le charme! Mais ce que je lis moi dans le foisonnement des réponses de Christophe, d’un “PN repenti” (pour ceux qui connaissent le sujet ça fait rire jaune)… c’est “l’attirance idéale” pour une victime.
Il vous dit pourtant, parfaitement clairement de toujours vous méfier d’un PN.
Il y a chez toutes les victimes cette envie de vouloir “sauver” l’autre et le refus d’accepter la réalité cruelle qu’une personne n’aurait aucune empathie.
C’est hélas le cas avec un PN.
Alors je vous dis avec espoir que vous l’entendrez, ce genre de blog est un défi jouissif pour un PN, vraiment attention à vous tous…

12 03 2010
mel

Je suis désolée mais je n y crois pas.Je ne vois là qu une toile d araignée,je suis peut être dans le faux mais.Ca n existera jamais,ce profil est le portrait d une créature mythologique,ah ça fait rêver ,un nouvel espoir peut être?Pas pour moi je n y croirais jamais…Vous avez été a découvert alors maintenant vous faites croire que vous assumez.Les pn ont eu trop de circonstances dans la vie qui fait qu ils ne pourront jamais choisir autre chose.J ai le coeur qui palpite et mon ventre se tord.Mais répondez a ma question svp existe t il un style de femme plus prédisposé a ètre séduites?

12 03 2010
Hervé

Mel, vous avez le droit de penser cela … Mais alors, puisque vous ne croyez pas ce que dit cette “créature mythologique”, pourquoi lui demandez-vous de répondre à une de vos réponses ?
Pour ma part, je respecte ce que dit Christophe. Il a accepté de répondre à ma demande d’entretien et je l’en remercie. Je pense avoir appris beaucoup de choses en échangeant avec lui. Je regrette beaucoup que d’autres mettent à ce point en doute ses écrits.

12 03 2010
mel

disons que cette question ne m engage pas a y croire mais que je voudrais une réaction pour réfléchir sur ce sujet,je n arrive pas a me fermer complètement encore même si je le voudrais je ne suis pas aussi rigide que je le laisse paraitre,mais le mot repenti on encore rédemption c est un peu cliché.Je crois que même si j ai gagné la guerre face a mon ex(qui me rend indifférente aujourd hui),je reste quelqu un de potentiellement manipulable et s est pour ça qu aujourd hui je suis sur mes gardes.Je considère ce genre de personne comme des enfants qui auront continuellement besoin de limites imposés par une personne qui devra voir toujours voir claire dans leur jeu pour rétablir les choses,c est un peu comme un animal qui aurait gouté au sang,ça demande une vigilance extrème et des yeux dèrière le tête pour ne pas se faire dévorer(une dépense d énergie incalculable).Juste une anecdote:l autre jour j ai rencontré mon ex qui m a dit l air totalement déprimé:”Tas vu y a une loi super dangeureuse qui vient de passer,la loi contre les violences psychologiques,moi je suis pas d accord,c est dégueulasse, la violence psychologique ça veut rien dire et blablabla…” et moi je lui ai répondu qu il était con, parce que sa mère était une pn sa grand mère l était aussi son père l était également(mais trop fragile pour gagner contre sa mère),il a donc oublié les bases de sa souffrance.Mais je ne me fais pas d illusion,tot ou tard cette loi il va vouloir en faire une amie et actuellement je prépare ma défense.

12 03 2010
mel

je suis devenu un peu parano au point que je me suis également demander si hervé et christophe n étaient pas la même personne.Désolée.

12 03 2010
Hervé

Ben voyons ;) Je n’ai que ça à faire d’écrire des articles en me faisant passer pour un PN reconverti :)
Mel, si je peux me permettre … Pour faire face à un PN, il faut impérativement être capable de prendre du recul, ne pas régir sur l’instant et à l’instinct. J’ai l’impression que c’est ce que vous avez fait avec cet article. Je suis persuadé que c’est ce que vous faites aussi face à votre PN.
A mon sens, si vous voulez vous faire aider pour vous en sortir au mieux, vous devriez rencontrer un psy spécialisé en victimologie et / ou en harcèlement moral. Lui saura beaucoup mieux que moi vous donner les bons conseils.
Bonne journée et bon courage,
Hervé

12 03 2010
mel

pour ma part je me suis faite avoir a plusieurs reprise par la même personne et de diverses façons,et réagir a l instinct (en gardant le controle de moi même biensur)et sur l instant a été ma porte de sortie,je n ai actuellement pas le temps et l argent nécessaire pour rencontrer un spécialiste,je préfère également me tourner vers un avenir heureux que vers un passé minable.merci quand même.

12 03 2010
Bax

Il existe cependant un phénomène étrange avec les victimes de PN, pendant au moins un épisode de leur triste expérience, elles se posent la question de savoir si elles sont elles même des manipulateurs, voir des PN elles même (étrange miroir). Je me suis effectivement déjà posé la question, parce qu’aujourd’hui je démonte facilement les petits jeux PN rencontrés dans la vie quotidienne (violence verbale sous couvert soit disant légitime, doutes à priori sur la compétence destinés à destabiliser etc …).
En creusant d’avantage, je me suis seulement rendu compte à quel point je voyais clair dans le jeu de ma PN, son processus de pensée m’était donc familier. Mais comprendre, ce n’est pas être. Pour être plus clair, un “profiler” n’est pas un assassin.
Donc voilà pour la frontière PN / victime.

Pour les femmes, ou les personnes “prédisposées”, et bien, ce sont des personnes dynamiques, débordantes d’énergie, joyeuses, positives et confiantes qui sont le plus exposées. Leur incrédulité, leur générosité, laisse leur PN les persuader insidieusement qu’elles sont responsables de tous les troubles générés par leur comportement ahurissant. Ils les culpabilisent, les privent de leur jugement, les destabilisent, les rendent incapables d’esprit critique jusqu’à un stade avancé, parfois jusqu’au suicide.
Seule une réaction de survie, instinctive, de la victime, lui permet d’échapper au bourreau, ou du moins, enfin de se le représenter comme tel.
Seul avantage, il semblerait que les victimes ne se laissent plus avoir deux fois. Les PN deviennent, pour elles, détectables, comme s’ils portaient un T-Shirt “Je suis un PN”.
Un bémol, aujourd’hui encore, je ne pense pas que l’on puisse “gagner la guerre” avec un PN. Le PN est un Terminator dont le logiciel est plein de bugs. Il est prévisible, on peut éviter de le croiser, mais il est incroyablement tenace et toujours potentiellement dangereux.
Pardon pour mes images un peu puérile, mais j’ai aussi de droit de m’amuser un peu avec les PN ;-)

12 03 2010
Mel

Quand je dis que j ai gagner la guerre,je parle simplement de mon indépendance récupérée,de ma véritable personnalité avec quelques forces et connaissances supplémentaires,de ma vision des choses.Le seul truc qui cloche c est que des fois il m échappe des phrases et expression que lui dirait,mais je dramatise pas la dessus,je n ai fréquenter personne mis a part lui pendant un certain nombre d année et finalement la solitude a été ma meilleure amie étrangement,je me suis découverte des forces fabuleuse qui par contre lui ont fait péter les plombs.Il ne comprenait pas pourquoi j allai si bien(pas de travail,pas d ami,pas de famille,pas d activités particulière),le seul souci et que je perdais la mémoire,je ne sais aujourd hui toujours pas pourquoi exactement mais je vais mieux.

12 03 2010
Mel

J aurais voulu savoir,ça y est je m ouvre(rire).On parle de jeux qu exercerait un pervers narcissique ,est ce vraiment amusant pour lui?Ou bien excitant?Est ce un défi ou une souffrance qu il cherche a partager?Ne recherche t il pas quelqu un qui saurait l arreter le canalyser dans son véritable but?

13 03 2010
xavier

Mel , je pense , OUI , que pour bien des cas comme mon ex -compagne PN , c’est un jeu , un défi .( elle adorait les défis : ex . monter le Mont ventoux , en vélo , sans avoir aucun entraînement , encouragée par sa mère qui admirait sa persévérance et sa volonté , bien que le défi soit absurde …. elle n’a pu réaliser qu’un petit quart de la montée , ce qui est déjà bien …). Et , elle se complaisait à se fixer des défis , pour gagner , même si les défis étaient absurdes car, pour elle et sa mère, c’étaient des preuves de sa tenacité , persévérance dignes d’admiration….. et non de bêtise . Et je suis persuadé qu’elles mettent un point d’honneur à m’anéantir , en se servant de notre fils . Cet acharnement , ce harcèlement moral que je subis et dont , malheureusement mon fils leur sert de pion pour m’atteindre , est une jouissance , un plaisir pour toutes les deux. Ce jeu les enivre et leur donne l’énergie pour me détruire et elles ne sont pas assez intelligentes pour voir que c’est notre bout de chou de bientôt 4 ans qui en est ,et en sera ,la principale victime. Aveuglées par la haine , le désir de l’emporter , de gagner , elles se servent de notre enfant , invoquant à tout bout de champ l’amour maternel qui n’est que possession malsaine d’un enfant qu’elles manipulent et qui leur sert à assouvir leur soif de l’emporter , de gagner . Cette séparation conflictuelle qu’elles entretiennent depuis plus d’un an, reste pour elles un défi où elles DOIVENT SORTIR VICTORIEUSES , peu importe les conséquences désastreuses sur notre fils ….elles ne les voient pas ou ne veulent pas les voir….
Oui , MEL , parfois , pour les PN ( persuadées d’avoir une intelligence supérieure à la moyenne ….ou au contraire …manifestation d’un énorme complexe d’infériorité qu’elles cachent ainsi ) c’est un JEU , une JOUISSANCE , un DEFI …. Mais , seuls ceux qui le vivent comprennent leur fonctionnement ….. Les juges se moquent éperdument de tout ce qu’on pourrait leur dire , même dans l’intérêt d’un enfant…. au contraire , il vaut mieux se TAIRE ça se retournerait contre nous …. ne pas oublier que les victimes sont les bourreaux et les bourreaux deviennent victimes , aux yeux de la justice… Nous sommes donc condamnés à nous taire et nous défendre par nos propres moyens … Contre la PERVERSITE , les MENSONGES , on ne peut RIEN ….

13 03 2010
Myosotis

@ Eriane et les autres
Je ne me sens pas sentie en danger en échangeant avec Christophe ; peut-être à tord. !
Christophe m’éclaire sur ce qui m’a échappé chez mon PN et je pense que c’est ce que lui pense m’apporter.
Lorsque vous suggérez que cela soit jouissif pour lui, pourquoi pas !
A vrai dire et à l’heure actuelle, je me verrai plus sous le charme d’un homme victime, comme type d’homme. Je pense même que le charme du PN a eut moins d’effet sur moi que sa stratégie pour me mettre sous son emprise.
Ayant réussi à sortir une fois de ce type d’emprise, j’ai appris et me sens effectivement peu vulnérable
Myosotis

13 03 2010
Bax

Je rebondis sur cette impression de perdre la mémoire. J’ai ressenti la même impression. Je l’explique de cette manière : survivre au quotidien, rejeter, oublier ce qui fait mal est naturel. C’est ce fameux phénomène d’anesthésie qui permet au PN d’aller si loin dans son entreprise de destruction.
La perte de mémoire, la mesure du temps passé et perdu, l’anesthésie des sens, le quotidien devenu gris, atone ressenti par la victime laisse le PN continuer et aller au delà du supportable, jusqu’à la sensation de mort imminente, la déréalité… C’est lorsque la victime prend conscience de sa disparition en tant qu’être qu’elle peut enfin réagir, se révolter, mais c’est aussi le moment de la mise à mort. Le PN procède alors au meurtre psychique la personne qui l’a fait “exister” jusque là. C’est aussi le moment où la victime, anasthesiee jusque là, peut se réveiller.
Le plus incroyable, c’est lorsque le PN continue comme si de rien n’était lorsque la victime reprend conscience et lui échappe. c’est à ce moment que toute l’horreur de l’entreprise du PN lui est dévoilée… Le PN continue encore et se désespère de la perte de sa victime, il se met alors à souffrir à son tour, il se désagrège, inconscient de perdre le support de son existence, son miroir, ce Moi qui n’est pas le sien mais qui comblait son vide intérieur. La confusion avec l’autre est troublée, il ne reste plus que lui face à lui même, c’est à dire rien… Un ab^me terrifiant.
Pour ce qui est du plaisir pris par le PN à faire souffrir sa victime, je ne sais pas. Disons que le PN existe au travers de sa victime, rien de ceci n’est conscient. Il n’y a que lui est son existence qui sont en jeu, la victime n’est qu’un moyen, un objet à son service. La perte de “son” objet le frustre terriblement et peut le rendre dangereux.
Et la victime ? Et bien, elle se reconstruit, retrouve son énergie, non plus “pompée” par le PN, mais elle s’en sert pour se battre, dans un premier temps, puis ensuite à vivre, dans le meilleur des cas.

13 03 2010
MEL

je me souviens de la première remarque qu il m a fait:”c est bizarre,t as les cils en bataille”.ensuite ça a été pour une broutille”enfait,tu n es pas quelqu un de malin”et je lui ai répondu que si il me trouvait conne il n avait pas a rester avec moi et là il m a répondu avec petit sourire:”ne le prends pas mal,tu n es pas bète,ce qui me plait chez toi c est ce petit coté naif,qui au contraire ne ferai de mal a personne,quand je dis malin je parle du malin du mal quoi,donc je suis rassuré.”Cette petite histoire m avait néanmoins boulversée,alors qu il avait pris pour habitude de m appelait son petit elphe,il se mit a m appeler avec ce qu il disait de l humour la dinde,parce que je l appelais le coq ,tellement je le voyais fiert.Chez mes parents il a directement parlé des drames de sa vie,préparant le terrain pour pouvoir manquer de respect sous bonnes escuses des que possible, ça a marché a la perfection,ma famille entière douée pour l empathie à tout accepté entre autre interrogations sexuelles,interragation détaillées sur les personnes chères décédées,accusations d une mauvaise éducation des enfants,tous tous les points sensibles y sont passés,et moi j étais là en pantin n écoutant ne regardant ne pensant qu a monsieur.Un jour j étais malade et j ai fait l erreur de sortir du lit sans mettre les chaussons,ce qui m a vallut d entendre”toi,tu vas t en prendre une belle de dérouillée” il ne m avait jamais touché et la pour la première fois j ai une claque que je lui ai instantanément rendue,je suis partis en larme me cacher dans le fond d une église(seul endroit ou je pouvait etre seule)il m a retrouvé en 10 min,je me suis effondré dans ses bras,lui rigolait en me disant,”tu vois,tu me fais faire n importe quoi tellement que je t aime que j en deviens dingue,mais je suis si heureux de t avoir,tu sais aucune femme ne s était rebellée avant toi et toi tu me montres que tu commences a savoir te défendre c est bien”.Contrairement a ce que j ai pu lire sur le sujet ,en 5 ans lui ne m a jamais offert de fleur alors que je lui en demandait,et puis c était un satyr.Si j écrit ces passages c est parce que je voudrais vraiment montré a quel point il est facile de se faire embobiner.C est pour ça qu aujourd hui je suis devenue quelqu un d antipathique en apparence tout du moins et a peine parano encore toutes mes excuses si tu fais tous ses efforts Christophe.

14 03 2010
mel

En fait je n ai pas ma place sur ce forum,car vient de me rendre compte,que mon ex n est pas un pervers narcissique,mais un pervers de caractère,ce qui veut dire aussi qu il existe des gens encore plus terrifiant que lui,et donc que mes questionnements n ont servit absolument a rien du tout,de plus il n y a pas beaucoup de renseignement qui existent sur eux.Je ne peux donc pas savoir trop a quoi m attendre.Je me sens vraiment bète de m être trompée sur des choses aussi flagrantes,excusez moi de vous avoir fait perdre votre temps.Et bon courage pour la suite.

14 03 2010
Bax

@Mel : J’ai cru comprendre que c’était néanmoins très similaire. j’ai une amie actuellement plus proche du cas que vous décrivez que du mien. Elle en a beaucoup souffert. Bin qu’étant moins “terrifiant”, le comportement du pervers de caractère reste préoccupant et laisse aussi des traces durables. Il ne faut pas hésiter à en parler à un psy.
D’ailleurs, je vois aussi mon ex plutôt border-line que PN. Mais c’est difficile de trancher précisément sur la nature exacte de la pathologie, celle ci n’ayant pas été diagnostiquée (il aurait fallu qu’elle le reconnaisse et consulte au préalable).
Il reste que nos expériences, nos souffrances sont proches et les mesures à opposer sont souvent similaires.
Qu’est ce qui vous fait dire que vous avez à faire à un pervers de caractère ? Ils me semblent dangereux, parce qu’ils prennent plaisir à faire souffrir, en toute connaissance de cause. Cependant, ils ne sont pas pour autant privés d’empathie : il apprécie que vous lui teniez tête, ce qui n’est pas le cas du PN.
(Rectifiez moi si je dis des bêtises SVP, Hervé, n’hésites pas à utiliser les ciseaux.)

14 03 2010
Mel

@Bax: Je réponds a votre questions,je pense que c est un pervers de caractère car il n a pas de véritable finesse,il est esclave du sexe,il n as pas d ami mais plutôt des relations liès au profit,il parle trop par impulsion, il ne réflèchit pas suffisament vite (a moins que ça soit moi qui progresse),et il est grotesque ,parfois trop souvent maladroit et pas assez a l écoute pour réellement pouvoir se servir de se qu il pourrait réellement obtenir,il essaie d attendrir par son passé douloureux.Une façon pitoyable de séduire mais qui a marchée sur moi a l époque,moi qui avait besoin de me sentir utile,moi qui avait besoin d être amoureuse sans retenue,je l aurais presque inciter a défier mon amour pour lui,mais il me disait de me calmer,qu un amour aussi grand le dégoutait.

15 03 2010
Lisa

Chers tours,
après une lecture verticale des commentaires postés suite à l’intervention de Christophe, une question me vient à l’attention des sceptiques:- est ce que croire en Christophe vous donne l’impression de “pardonner” votre PN ? Est ce que c’est cela qui vous rend aussi méfiant vis-à-vis de Christophe ? Pour ma part, comprendre ne signifie pas pardonner, mais permet de mieux prendre du recul vis-à-vis de son PN. Et c’est cela qui importe, point le reste…..

16 03 2010
Lidia

Ce qui me gène dans cet article c’est qu’il me ramène en arriere en me laissant penser que j’aurai peut-être pu sauver mon ex avec un peu de persévérence (5ans 1/2 d’acharnement à essayer!).Quand je lis le témoignage de Christophe, je suis touchée, impréssionnée mais aussi sceptique et méfiante. En fait je cherche dans chaque mot ou est la fourberie. Ma position de victime me rend un peu parano. J’ai quand même une question pour Christophe. J’ai quitté mon ami il y a 2 mois et du jour au lendemain, plus de nouvelle. Lui qui était très présent au moins avec le télephone, plus rien. Je te donne mes théories, peut-être que tu en a une toute différente.
1/ il me fiche la paix par respect de ce que je lui ai demandé ( ça, j’y crois pas trop..)
2/ il crée le manque pour que je fasse, moi, un signe (chaque jour qu’il m’accorde me permet d’avancer dans ma guérrison donc tans mieux ..)
3/plus rien à fiche de moi, il à oublié le jouet (dur à encaisser, mais pourquoi pas ..)
4/Il fait une super depression (quelques semaines avant que je ne le laisse, il était super mal, il me parlait que la petite musique qu’il avait pas entendu depuis longtemps était de retour et que ça le rendait fou. Tous les jours je le trouvais un peu plus au fond du trou)
Le premier sourire et le premier signe de “tete hors de l’eau”de sa part et je suis partie.

16 03 2010
Hervé

Lidia, ce que tu écris est surprenant. Es-tu certaine que ton ex ami est PN ??? Un PN ne peut accepter que sa proie se libère aussi facilement de lui …

16 03 2010
Eriane

Lisa : Pardonner n’est pas mon but, aujourd’hui j’ai accepté ce qu’étaient mes PNs et je peux vivre pour moi même. Je suis “reconstruite” et avec le recul, le fonctionnement et les répliques d’un PN m’apparaissent stéréotypées, si bien que j’en rirais s’il n’y avait pas autant de conséquences tragiques pour ceux qui tombent dans leur piège.
C’est vrai que lorsqu’on a fait un long travail sur soi un PN peut sembler pitoyable, mais il ne faut pas tomber dans ce piège car comme le signale Mel c’est encore une façon grotesque de séduire pour lui.

16 03 2010
Hervé

Eriane, je ressens exactement la même chose que toi.
A mon sens, c’est difficile pour une victime de comprendre cela tant qu’elle n’a pas terminé de parcourir le chemin, tant qu’elle n’a pas accepté la situation et intégré son impuissance face à cette situation. Mais lorsque le chemin est parcouru, on en arrive à rire d’un PN plutôt qu’à s’en énerver … tant qu’il ne fait pas de mal aux autres, bien entendu !

16 03 2010
Lidia

Hervé,
Est tu certain que Christophe est pn??? Un pn ne peut se rendre compte qu’il en est un.
Excuses mon “agressivité” mais OUI je suis certaine, vu ce que j’ai vécu. Tu as fait faire un saut à mon estomac en mettant en doute ce que j’avance.
Son silence peut-etre interprété comme une punition pour moi parce que j’ai toujours craqué quand il me laissait sans nouvelles après une énième rupture et on se retrouvait (souvent après un mois ou deux) Il doit être patient ou bien occupé et donc pas très pressé!

16 03 2010
Lidia

Bien sur quand je dis “occupé”, je pense à une autre proie…

16 03 2010
mel

@Lidia, personnellement je te trouve très attachée a cette relation,j ai aussi l impression, que tu réfléchis a 200km/HEURE,tu ne décris pas ce qui permet de l identifier comme pn,je vois ce que tu veux dire,avant qu il intervienne,il veut que tu reconnaisses ta dépendance envers lui,si tu ne le fait pas il vient ,prèt a entendre des escuses,a moins qu il ait quelqu un qui soit plus intéressante a ses yeux que toi,(c est peut être aussi ce doute qu il veut créer dans ta tête.).Moi je te dis ,trouves toi quelqu un d autre, pour casser ce lien ,change toi les idées,il est beaucoup trop dans ta tête…Pn ou pas il n est pas pour toi si il te fait du mal.

16 03 2010
Hervé

Lidia, je pense que Christophe souffre effectivement du trouble de perversion narcissique. Il le décrit très bien lui-même. S’il s’en rend compte, c’est car un processus long et involontaire (forcé, même) l’a amené à comprendre qu’il souffre de ce trouble. Même si c’est extrêmement rare, c’est possible.
Tu ne dois pas être agressive à la lecture de ce que j’écris, de même que je ne dois pas être agressive lorsque tu remets aussi en cause ma certitude concernant Christophe.
Enfin, Me a raison concernant la relation que tu entretiens toujours avec ton ex. Oublie-le. Passe à autre chose. Qu’il soit PN ou pas n’est pas important. Ce qui compte, c’est que tu sois enfin TOI.
Bon courage,
Hervé

17 03 2010
Lisa

@Eriane…. Qui parle de pardonner ???? Je me cite: ” Pour ma part, comprendre ne signifie pas pardonner, mais permet de mieux prendre du recul vis-à-vis de son PN.”
Je n’arriverai certainement pas à pardonner tout le mal qu’elle nous fait subir à nous tous… Jamais…. !!! Mais plus je découvre son fonctionnement, plus je me sens forte vis-à-vis d’elle….et cette force est ce qui me permet de rester aux côtés de celui que j’aime…et est également ce qui me “pousse” à aider ses pauvres enfants qui ne demandent qu’à être laissés en dehors de tout cela…. et à profiter de leurs belles années qui ne reviendront plus jamais…. les soucis c’est pour les grands, pas pour les petits….. comprendre le fonctionnement d’un PN, c’est comme une libération, aussi paradoxal que cela puisse paraître…….

18 03 2010
Vanina

Bonjour,

Je suis une personne détruite, auto-destructrice et en grande souffrance depuis plus de 25 ans. Je viens de découvrir il y a peu que j’étais victime d’une mère PN et je suis une thérapie depuis 3 mois pour tenter de me reconstruire.

J’ai découvert que ma mère était PN en lisant des livres. Et aussitôt, une double lecture s’est installée. En effet, tout ce que je lisais me renvoyait immédiatement à ma mère. Mais ce n’est pas tout. J’ai immédiatement vu que j’étais moi-même une PN en puissance car j’avais commencé depuis plusieurs années déjà à accabler mon mari de reproches, à lui faire porter toute la responsabilité de ma vie ratée et à le traiter très irrespectueusement, verbalement notamment. Les humiliations étaient son lot quotidien.

Cela a été un grand choc et j’ai eu de la peine pour mon mari que j’aime. Nous avons parlé. J’ai fait volte-face et corrigé mon attitude avec lui, verbalement dans un premier temps. Et notre relation s’est tout de suite améliorée car ne se sentant plus attaqué injustement, mon mari a pu renouer le dialogue avec moi. Je dois être vigilante car en situation de souffrance ou de grand stress, dans le cadre d’une dispute, il m’arrive facilement d’avoir le « mauvais réflexe » de le rabaisser à nouveau. Cependant je suis beaucoup plus lucide. Et je peux donc le prier de m’excuser plus facilement qu’avant et corriger mon attitude plus rapidement.

En thérapie, il ressort que l’une de mes techniques d’autodestruction favorite est la culpabilisation permanente de moi-même. Je me rabaisse tout le temps, toute la journée et même la nuit (d’où l’insomnie chronique) et je culpabilise pour tout ou presque, tout le temps. Sans arrêt. Mes pensées tournent à toute allure et je revis toute sortes de situations douloureuses (de mon passé, de mon enfance et de mon adolescence, ou de l’âge adulte mais sans lien avec mon mari) en me sentant responsable, coupable. C’est atroce et c’est comme si seule la mort pouvait me libérer de ce fardeau. La culpabilité est l’un de mes plus grands symptômes.

Aussi, lorsque j’ai dit à mon mari « Regarde, je suis PN moi aussi ». Il m’a dit « Non, tu te remets toujours en question, et tu culpabilises en permanence. Ce n’est pas le cas du PN ». Cela m’a redonné un peu d’espoir. Car effectivement, ma mère PN elle, ne se remet jamais en question, ne culpabilise absolument jamais, ne montre jamais ni remords, ni compassion, ni regret.

Mais tout de même ! Si je n’étais pas PN au sens strict du terme, j’étais en train de devenir une PN, j’étais une PN en puissance… Car j’avais beau passer mon temps à culpabiliser et à me détruire, à me détester, à me haïr et à me dégoûter moi-même, pour autant je reportais aussi une grande quantité de cette haine personnelle sur mon mari. C’était comme si toute cette haine accumulée en moi depuis des décennies avait atteint un trop plein, qu’elle me provoque des hauts le coeur incontrôlés et que je sois « obligée » de la déverser sur la seule personne adulte que je côtoie au quotidien, mon mari…

Je tends à croire que les victimes de PN (surtout victimes pendant l’enfance, placées sous la domination d’une mère ou d’un père) auront tendance, si elles ne parviennent pas à échapper à leur passé de victime, à se « retourner » un jour en PN. Personnellement, je l’ai senti depuis le début de ma relation avec mon mari. Je lui disais tout le temps « s’il te plaît, ne me laisse pas devenir comme elle (ma mère), empêche-moi, pose-moi des limites ». A l’époque il ne comprenait pas car j’étais très douce et compréhensive avec lui. Je lui ai demandé de se méfier mais il ne s’est pas méfié. Et je ne me suis pas assez méfiée de moi-même… Puis un jour, sans que nous sachions comment tout cela était vraiment arrivé, le mal s’était installé.

Heureusement pour mon mari, et pour moi aussi, le travail que je fais aujourd’hui en psychothérapie est clairement axé ma souffrance de victime de mère PN. Cela me permet d’évacuer ma haine contre la / les bonnes personnes. Je ressors souvent “sonnée” (avec des bourdonnements dans la tête), vidée, épuisée mais c’est une bonne fatigue, comme si je venais de faire une séance intense de natation par exemple. Grâce à cela, je pense éprouver de moins en moins le besoin de déverser ma haine contre mon mari. Je l’aime, il m’aime comme personne d’autre et je prends conscience qu’il est mon allié, non mon ennemi. S’il y a un ennemi à abattre, ce n’est ni lui, ni moi.

Pour conclure, je souhaite dire qu’en lisant tous ces livres, textes de blog etc. Je me dis qu’il n’y a pas UNE catégorie de PN, mais plusieurs catégories de PN, avec divers degrés dans la perversion. On peut être destructeur, manipulateur, on peut humilier et rabaisser ses proches, se défouler sur eux sans avoir atteint le stade de la perversion narcissique pure, sans répondre aux principaux critères énoncés par Isabelle Nazare-Aga dans son livre Les Manipulateurs sont parmi nous.

http://entraideapn.centerblog.net/6300771-30-criteres-permettent-de-deceler-un-manipulateur

Je pense que parmi les PN, il y a peut-être des “incurables”, mais aussi des PN qui ne le sont pas à 100%, qui tombent en dépression par exemple, ou qui culpabilisent, qui éprouvent de la compassion et sont capables de se remettre en question. Un pur PN ne tombe pas en dépression (sa perversion le « protège »), ne culpabilise pas, ne se remet pas en question. Je fais donc une distinction entre le pur PN, le PN “accompli” et le PN en puissance qui peut encore se réveiller, se corriger et rendre à qui de droit la haine qui l’anime.

Nous sommes tous tellement ambivalents. Je ne suis ni toute blanche, ni toute noire. Je crois aujourd’hui que cohabitent en moi une vraie victime de pure PN et une PN en puissance qui doit toujours se méfier de soi pour se corriger au moindre dérapage.

Merci beaucoup de m’avoir lue

18 03 2010
Hervé

Vanina, merci pour ce très intéressant commentaire.
Vu ce que vous écrivez, je suis certain que vous n’êtes pas PN. Un PN ne peut se remettre en question autant que vous.
Par contre, vous avez sans doute “hérité” de modes de fonctionnement psychologiques de part la relation que vous deviez avoir avec votre mère.
Bon courage à vous pour la suite de votre travail. A la lecture de votre commentaire, je suis certain que vous arrivez à trouver la “sérénité”.
Hervé

19 03 2010
Vanina

Bonjour Hervé et merci pour le commentaire sur mon blog. Mon mari pense la même chose que vous. Je ai lui ait fait lire mon com ici et il maintient que je ne suis pas perverse.

Pourtant, je me souviens l’avoir manipulé. Surtout une fois, gravement. Sur le moment, je cherchais à me venger de quelque chose. A ce moment là, je me croyais maline, et dans mon bon droit. J’étais même ravie de le voir tomber dans le panneau. Avec le recul, je vois surtout que j’étais totalement détraquée d’agir ainsi et que cette manipulation était vraiment répugnante.

Enfin, quoi qu’il en soit, je dois me surveiller. Car effectivement, j’ai probablement une facilité particulière à reproduire des schémas de destruction observés chez mes parents pendant des decennies.

19 03 2010
Hervé

Vanina, vous ne POUVEZ PAS être perverse narcissique. Le simple fait d’avoir montré votre commentaire à votre mari le prouve :)
Par contre, peut-être êtes-vous parfois capable de manipuler l’autre, sans doute car votre mère vous a si bien “appris” à le faire …
Mais, soyons réaliste … Qui d’entre nous peut affirmer qu’il n’a jamais manipulé quelqu’un ??? Le simple fait de dire à son enfant “Tu n’as pas été sage. Je ne suis pas content” peut être considéré comme manipulation affective du parent; Alors, relativisez … Essayez de vous regarder telle que vous êtes, ou si vous n’y arrivez pas, telle que les autres vous voient !
Bonne journée,
Hervé

22 03 2010
xavier

Vanina , merci pour ton commentaire et ton intervention dans ce blog. Dans ton récit , je me retrouve à la place de ton mari…. J’aurais tant aimé que mon ex compagne fasse le même cheminement que toi ! A certains moments , elle y est parvenue. Elle était lucide vis à vis de sa mère et a tenté de lui échapper . Mais leurs rapports étaient trop forts , sa mère trop omniprésente pour exercer son ” lavage de cerveau” , et elle a basculé de son côté , alors que j’étais prêt à l’aider . A présent elles habitent à 3 km l’une de l’autre , Sa mère s’occupe quotidiennement de notre fils de 4 ans , manipulé à son tour et je ne fais plus le poids …. J’assiste , impuissant , à la destruction lente de mon bout de chou , à son ” lavage de cerveau” , où tout ce qui me touche est dénigré . L’unique solution qu’il me reste est de me taire , ne jamais répliquer pour rétablir la vérité , car elle a l’art de renverser la situation à son avantage , avec des répliques qui fusent , alors que moi , je n’ai jamais la réplique prompte . D’ailleurs , j’attends la médiation ordonnée par le juge , mais je n’ai AUCUNE CHANCE d’être entendu . Cette médiation sert uniquement à faire traîner les choses . Le juge aurait mieux fait de donner directement son jugement , il y a deux mois . Car la médiation ne changera RIEN . Et il me tarde d’en finir . Dommage que ce ne soit pas son cas …elle prend plaisir à faire durer , s’opposer systématiquement, faire souffrir , torturer …. Et moi , je n’ai qu’une envie : RETROUVER la SERENITE , l’EQUILIBRE que j’avais avant de la rencontrer .
Bonne journée à tous.

22 03 2010
Hervé

Bonjour à tous,
Par respect pour Christophe, qui a “osé” venir nous apporter sa vision des choses, j’aimerais que les commentaires de cette page soient réservés uniquement au sujet traité par son article.
Si vous souhaitez partager sur votre propre cas, je vous invite à utiliser pour cela d’autres articles comme celui réservé à vos témoignages.
Merci pour votre compréhension,
Hervé

23 03 2010
Hervé

Étonné de ne plus avoir aucune nouvelle de Christophe suite à l’écriture commune puis à la publication de cet article, je l’ai plusieurs fois relancé par mail.
Il m’a récemment adressé une réponse claire et digne, que j’apprécie beaucoup. A mon sens, Christophe fait preuve d’une grande lucidité et d’abnégation face à ce mal qui le ronge quotidiennement de l’intérieur.
C’est pourquoi j’ai envie de partager cette réponse avec vous.
J’espère que son texte suscitera la remise en question nécessaire de tous ceux qui, trop souvent certains de détenir la vérité, refusent de comprendre l’autre. Pour avancer, toute victime doit à mon sens d’abord réfléchir, analyser, comprendre … puis accepter d’apprendre à écouter l’autre, à le “comprendre” et à “décoder sa réalité” même et surtout s’il est pervers narcissique. Il n’y a qu’ainsi, lorsqu’elle a saisi bien des choses, que la victime peut faire le deuil de ce passé douloureux et se tourner définitivement vers la reconstruction.
Voici donc ci-après sa réponse.
Bonne lecture,
Hervé

Hervé,
J’ai bien reçu vos derniers mails, je suis resté lecteur des nouvelles de votre blog. Mon témoignage a réveillé chez moi les douleurs que peuvent vivre tout narcissique pathologique. Souvent habité par les haines lorsqu’elle se manifestent, je choisit de rester en retrait pour ne pas déverser chez l’autre ce qui m’appartient. Je peux vous garantir que même avec un peu plus de lucidité que quelqu’un qui ne se soigne pas, j’ai vraiment du mal à m’intégrer dans notre société. J’aurais bien voulu commenter les derniers témoignages de votre blog, mais j’ai vraiment besoin d’avoir plus de recul pour intervenir avec humilité, vous l’avez sans doute constaté, un narcissique pathologique a souvent besoin d’exprimer une espèce de grandeur pour se sentir supérieur à l’Autre, si je suis encore tenté de le faire, je réussi à m’abstenir de plus en plus. Je souhaite au moins attirer une nouvelle fois votre attention sur le profil des “victimes” des PN, elles aussi sont parties prenantes et il serait intéressant de susciter chez les personnes s’exprimant en qualité de “victimes” une introspection pour savoir pourquoi elles se laissent prendre “au piège”.
Espérant avoir été clair, je vous transmets mes sincères salutations,
Christophe.

26 03 2010
lucie

L une des raisons pour laquelle j ai beaucoup culpabilisé est celle ci:

Quand j avais 8 ou 9 ans,je rêvais de certaines situations étranges: Dans mon rève, j étais une femme qui courrait courrait courrait.Cette femme fuiait un homme ,car même si cet homme ne lui avais rien fait,il risquait de la séquestrer pour toujours,cet homme qu elle fuit la retrouve toujours et quand il apparait avec un sourire ,elle a les jambes qui tremblent et tombe a terre.Il la ramène toujours au même endroit,mais elle s échappe toujours.Lors de ce rêve je ressentais 2 choses,”pourvu que je m en sorte”et”suis je assez importante a ses yeux pour qu il me retrouve.”

quand j ai rencontré mon pn, et que j ai décidé de vivre avec lui,j ai fait un autre rêve:

Cet homme dont je révais petite m offrais dans la cage d un escalier un bouquet de fleurs magnifiques,il me disait :”Je t offre ta mort ma belle”.Le sentiment que j ai eu fasse a ça ,était paradoxal,je le ressentais comme la plus belle preuve d importance.

Plus tard mon pn ressembla de plus en plus dans sa façon d être a cet homme de mon rêve ce qui m envouta presque totalement mais pourquoi?Je ne sais pas.Et aujourd hui je m en fiche a vrai dire,mais je pense que ces rêves ,tout du moins n y sont pas pour rien

28 03 2010
dominique.ch

Je voulais tout d’abord remercier Christophe d’avoir témoigné et aussi Hervé de le lui avoir demandé… vraiment intéressant. J’ai aussi particulièrement apprécié les interventions de Bax concernant le cheminement des victimes de PN…J’ai suivi ce cheminement pour enfin finir par me retrouver…Bon il m’a fallu quelques années, mais 28 ans avec un PN ce n’est pas rien… et plus j’ai pris d’assurance, plus mon ex-mari a sombré dans la dépression… J’ai aussi fait le deuil du père idéal: mes deux enfants apprennent à accepter leur père comme il est…mais je veille parce que régulièrement il essaie de les manipuler (et de me manipuler moi aussi).. une chance: ma fille n’a pas un profil de victime.




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